Dans le Roannais

Le « patois » Roannais

Voici un sujet qui m’a toujours fait rire : le parler Roannais. Originaire de Roanne, j’ai par la suite habité à Vichy puis Clermont-Ferrand (pourtant pas si loin) et j’ai parfois eu du mal à me faire comprendre !

Le parler Roannais est un mélange de patois Lyonnais, de Gaga (patois stéphanois) et Bourguignon qui surprend les étrangers à la région même si certains mots ont tout de même pris leur place dans les dictionnaires français ou dans le langage courant ! Il faut aussi prendre en compte l’accent Roannais qui se rapproche à celui des stéphanois.

Voici un florilège du patois Roannais :

  • A point d’heure : tard
  • Bausseigne (ou beauseigne) / Bonnaige : s’apparente à « Oh mon pauvre petit »
  • Ben : prononciation de bien (« il est ben tard »)
  • Béner : tomber, faire un malaise
  • Bredin / brelot : quelqu’un simple d’esprit
  • Beugne / beugner : un impact / heurter (par exemple « j’ai une beugne sur ma voiture »)
  • Boge : un sac / un cartable (patois gaga)
  • Un bougeon : quelqu’un qui est hyperactif (on parle souvent d’enfant)
  • Une catole : une crotte de nez
  • Ça fait flic : ça m’embête
  • Carotte rouge : betteraves
  • C’est quelle heure? Ça pleut : (patois bourguignon), on dit normalement quelle heure est-il et il pleut
  • Chouigner : pleurer sans raison / faire un caprice
  • Chtit : un enfant (ne pas confondre avec le patois du Nord)
  • Couiner : pleurer en faisant des petits cris
  • Débarouler: tomber dans les escaliers
  • Décoller : maigrir
  • De la daube : de la mauvaise qualité
  • Diner : déjeuner et diner (on dine à midi à Roanne !)
  • Echapper : faire tomber quelque chose
  • Ecouter / entendre : Difficile pour un Roannais de différencier les deux. A vrai dire, je n’y arrive pas moi aussi !
  • Etre franc fou : être complètement fou
  • Etre en caisse : être en arrêt maladie
  • Etre mouillé de chaud : être en sueur
  • Etre patraque : ne pas être bien dans son assiette
  • Fait le pas : ne le fait pas
  • Faut que j’y alle : il faut que j’y aille (prononciation du « aille »)
  • Fous y tout : tu dois tout mettre
  • Gargouiller : quand on a faim, notre ventre gargouille
  • Gassouiller : patauger dans la boue
  • Japper : aboyer
  • Là-bas d’dans : le plus drôle ici c’est plutôt la prononciation très rapide car la signification est la même
  • Le, la avant un prénom : dans une conversation, lorsqu’un Roannais parle d’une personne, il met le déterminant le ou la devant le prénom (« le Gérard », « la Martine »)
  • Morvelle : goutte au nez (…)
  • Niaquer : mordre
  • Paire : par exemple « j’y suis allé une paire de fois »
  • Panser : donner à manger au bétail
  • Pâté aux pommes : chausson aux pommes
  • Pisserot : un petit cours d’eau ou une petite cascade
  • Plan – plan : doucement / tranquille
  • Polission : quelqu’un qui fait des bêtises
  • Prendre : embaucher au travail (par exemple, « aujourd’hui je prends à 8h »)
  • Quate : une façon de prononcer le chiffre quatre (par exemple, demandez à un roannais de prononcer un quatre-quarts, vous serez surpris !)
  • Une radée : une pluie violente, une averse
  • Se gourrer : se tromper
  • Une sottise : un mauvais comportement
  • Se prendre une margot : se saouler
  • Ste : devant un nom (« ste chose », prononciation de cet / cette)
  • Tourner la carte : perdre la tête, devenir fou
  • Y : le « Y » fait partie de notre vocabulaire roannais sans forcément s’en rendre compte. C’est à la base très bourguignon. « y pleut », « je vais y faire », « c’est lui qui m’y a dit »

Bien sûr il existe bien d’autres mots et expressions mais je pense qu’avec cela, vous pourrez comprendre un Roannais !

Si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à en ajouter en commentaires !

 

111 réflexions au sujet de “Le « patois » Roannais”

  1. N’oublions pas non plus ces commentaires de mamans inquiètes quant à la santé de leurs enfants:
    « çà fait trois jours qu’il a « l’rampion ». Il est franc malade.Il en a même vomi son quatre heures! »

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  2. J’ai choqué beaucoup de copines dans les magasins (nouvelle région 44) quand je disais « j’crains pas » elles me faisaient répéter et je comprenais pas pourquoi… en réalité elle ne comprenais pas … (j’crains pas c’est j’aime bien en Roannais lol)

    Aimé par 1 personne

  3. Ne pas oublier le ‘J’y ai été’ au lieu de ‘J’y suis allé’
    Et le bon vieux bien déroutant pour les non roannais ‘Prend s’en un bon peu’ au lieu de ‘sert toi bien’

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  4. On peut écouter une émission de radio qui nous interesse, en revanche si on la laisse en bruit de fond, on ne fera que l’entendre…
    Écouter est actif, c’est choisi, entendre est passif 🙂

    Je viens de Normandie où le patois est bon aussi, ravi d’apprendre celui de ma nouvelle région d’accueil 🙂

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  5. Quand on parle d’une fille petite qui est polissonne, on dit qu’elle est sotte, mais ne peut pas se mettre au masculin. On dit souvent, le père Dubois, Dupont, etc… en parlant d’un monsieur d’âge mûr.

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  6. Et les arpions ? Et niarcoter ? Et être à la rue ?
    Dans l’ordre : les orteils, taquiner avec tendresse, c’est soit être fatigué, soit être pressé et être sur le point de manquer un rdv. Dans la conversation, entre l’un ou l’autre, on gère le sens, en fait.
    Mais à Lyon, c’est être fauché. Ça m’a valu des quiproquos…

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  7. Baragouiner , « infractus « , clebard ou tu me saoûles… je Les entend ailleurs qu’en Roannais. Je ne pense pas que ces mots soient spécifiquement de la région. Ils sont utilisés ailleurs , en Normandie par exemple, où j’habite.
    Par ailleurs je crois me souvenir que « baragouiner » est un mot formé de 2 mots bretons signifiant pain et beurre. Quand dans les temps anciens, Les Bretons arrivaient à Paris, ils parlaient très peu français. Les Parisiens ne comprenaient pas quand ils demandaient un morceau de pain à manger. Je ne suis pas bretonne mais Bar et Kouing signifient pain et beurre. Si les Bretons veulent bien me corriger…d’ailleurs ce délicieux gâteau qu’est le kouing aman en est un exemple!

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  8. J’entends souvent dire « le cht’i » où « la cht’ite » pour les enfants, la mère untelle ou le père untel quand on parle de quelqu’un de façon amicale et aussi « d’ou que » pour « au lieu de »… J’en oublie certainement mais je suis native de la region raonnaise alors difficile de se rendre compte hihi. Un grand merci pour cet article très intéressant.

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  9. Ce matin je me suis oublié ( je me suis réveillé en retard ) en Charente Maritime ou j’habite depuis près de 50 ans cela veut dire j’ai pissé dans ma culotte. La première fois les collègues de travaille étaient pliés en deux

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  10. La Tatan, qui désigne la tante, et dont le sobriquet en français est plutôt : Tata.

    Et l’expression :  » J’ arriverai quand moi  » qui veut dire que je ne sais pas précisément à quel moment je pourrais  » débarouler  » (débarouler voulant aussi dire « débarquer » en plus de tomber.

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